Le soleil tapait fort pour une fin d'après midi du début du mois de juin. Seule la date écrite sur la grosse horloge indiquait qu'on était en juin. Elle avait l'impression que l'on était en plein c½ur du mois de juillet, le lieu, la chaleur étouffante qui s'abattait sur elle et l'empêchait de respirer, tout concordait. 16h23 Lui indiqua l'horloge et elle la regarda jusqu'à ce qu'elle affiche 16h25 puis décida que tout cela avait assez duré, qu'elle ne pouvait pas s'éterniser devant cette horloge qui gentiment lui rappelait qu'elle en avait toujours voulu une de la sorte, avec les aiguilles qui semblent glisser et qui ne trottinent pas. Elle aimait ces horloges de gare qui n'interrompaient jamais le temps, mais qui, au contraire le laissaient filer. Elle mit son sac à dos sur son dos, attrapa sa valise d'une main et son ordinateur de l'autre et se dirigea vers les bornes de compostage non sans avoir sortit son billet auparavant. Son portable vibra dans sa poche. Elle reposa sa valise, attrapa son téléphone qui lui disait « Tu es ou ? ». Elle sourit. « Je suis à la ga » commença-t-elle a répondre mais elle s'arrêta, effaça tout et composa un numéro. Gesticula quelques dizaines de secondes, raccrocha, remis son téléphone dans la poche et entrepris de regarder le grand panneau sur lequel tous les trains étaient indiqués. Elle ne mit pas longtemps pour trouver le sien, voie C. Instinctivement elle pensa « C comme Compote » et souris à nouveau. Doucement et chancelant sous le poids de ses valises, elle se dirigea vers la voie C et y trouva son train, déjà en gare mais ne monta pas dedans. Encore une fois, elle pose sa valise et se défit également de sa sacoche d'ordinateur et de son sac à dos et posa tout cela par terre puis fixa l'entrée de la gare et regarda à nouveau l'heure. 16h33. Deux ou trois personnes passèrent à coté d'elle en courant avec d'énormes valises mais elle ne bougea pas. 16h35. Elle prit de nouveau son portable, le fit tourner dans sa main puis tapota dessus, le remit dans sa poche, saisit tous ses sacs et monta dans le train sans jeter un coup d'½il derrière elle. Elle trouva rapidement sa place, y déposa toute ses affaires et s'assit dans un soupir. Elle se demanda alors qui elle était à présent, qu'est ce que tout ce qu'elle avait fait, dit, vécu avait changé en elle et tandis qu'elle commençait à se perdre dans ses pensées, sa poche se mit à sonner un peu trop fort dans le wagon silencieux. Elle s'en saisit rapidement. « Oui ?... Je suis dans le train.... Attends, j'arrive ». Elle raccrocha, jeta un coup d'½il sur ses sacs, hésita pendant une seconde à les laisser là, se dit qu'elle prenait le risque et eut envie d'avoir confiance. En courant elle dévala les escaliers du train qui l'amenèrent au niveau du quai et en descendit. 16h38. Le quai était désert. Puis une tête souriante surgit des escaliers. Amuse-toi bien là bas. Bonne vacances. Fermeture des portes. 16h41. Le train démarra alors qu'elle remontait en les escaliers quatre à quatre. See you Nice !